Mode de production

∴ Un système éditorial particulier

La littérature jeunesse est un phénomène qu’on retrouve dans toutes les cultures, mais elle ne fonctionne pas partout de la même manière et n’englobe pas toujours exactement le même type d’œuvres.

► Le public-cible joue un rôle clé

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Au Japon, la principale différence se crée à travers le système éditorial qui fonctionne énormément grâce à la prépublication en chapitres dans des magazines spécialisés. C’est un principe fondamental toujours très actif alors qu’il tombe doucement en désuétude chez nous. Ainsi, les œuvres sont presque toujours publiées en fonction du public auquel elles sont destinées ; tout est particulièrement bien cloisonné en fonction des tranches d’âge, des sexes, mais aussi en fonction des genres fictionnels et des thèmes.

► Tout est lié !

Paradoxalement à ce cloisonnement précis, les différents médias sont excessivement liés entre eux et particulièrement dans la sphère de grande production (cela concerne surtout les romans et light novels, pas les albums) : adaptations multiples à partir de romans/light novels, novellisations (transposition d’une œuvre non livresque en roman), sortie de la même franchise sur plusieurs supports différents, collaborations entres auteurs et/ou illustrateurs et/ou animateurs, produits dérivés des séries à succès (séries de figurines, drama CD, accessoires divers, etc), drama, live action, jeux vidéo développant des scénarios parallèles, manga papier ou série animée présentant un spin-off du récit de base… et tout ça uniquement du côté officiel, sans parler des dérivés apportés par les communautés de fans (à travers, par exemple, les fanfictions et les fanarts). Nous sommes dans une logique qui privilégie l’aspect économique du marché, sans pour autant négliger la valeur fictionnelle.

Cette narration à travers plusieurs supports différents est désignée en tant que narration transmédia ou transmédialité[1]. Il s’agit d’un phénomène dans lequel chaque médium apporte ses propres informations spécifiques à l’univers narratif d’une œuvre.

Évidemment, la transmédialité n’est pas un phénomène restreint aux frontières nippones. Il est cependant profondément ancré dans l’industrie de la fiction japonaise qui est depuis longtemps passée maitre dans l’exploitation transmédiatique. C’est un sujet non négligeable qui sera abordé dans de futurs articles.

En attendant, pour aller plus loin, voici quelques liens intéressants :


[1] Selon Henry Jenkins, chercheur américain et premier à évoquer cette théorie : « Une fiction transmédia est, comme son nom l’indique, un univers qui est simultanément construit par plusieurs médias. La spécificité du transmédia (qui le différencie notamment du multimédia) est que chaque médium ne se contente pas de décliner une même histoire (comme c’est le cas dans l’adaptation), mais participe à construire un pan inédit de l’univers à l’aide de moyens spécifiques. »

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